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Histoire du château
Du XIVème siècle à nos jours...

 
Même si l’on ne possède que très peu de documents à ce sujet, on sait qu’existait à Mortiercrolles au XIVème siècle une forteresse de campagne, comme en témoignent certaines parties en schiste des communs. Cette forteresse, connue sous le nom de l’ « Hostel de Mortiercrolle », de « Mortiercroulle » puis de la « Chastellenie de Mortiercrolles » a été transmise par les femmes dans les grandes familles de l’Ouest de la France : les Remefort, les Clisson, les Ancenis et les du Guesclin.
 
  • 1405Entrée au patrimoine des Rohan

    Catherine du Guesclin épouse Charles de Rohan, apportant Mortiercrolles à la famille qui allait le posséder pendant plus de 350 ans.
  • 1453Naissance de Pierre de Rohan

    Sa famille étant en exil pour avoir trempé dans l’empoisonnement du frère du Duc de Bretagne, nait à Mortiercrolles Pierre de Rohan, plus connu sous le nom de « Maréchal de Gié », à qui nous devons Mortiercrolles tel que nous le connaissons aujourd’hui. Bien que fils cadet, Pierre de Rohan est très vite remarqué par Louis XI, qui l’accueille à la cour de France dès 1461. Il y deviendra un des personnages les plus influents sous trois rois : Louis XI, Charles VIII et Louis XII. A 20 ans, à la tête de 40 lances, il participe avec succès à ses premières campagnes militaires. Il est fait chevalier de l’Ordre de Saint-Michel à 21 ans et nommé Maréchal de France à 23 ans. A la tête de 800 hommes, il dirige la campagne de Flandre et reprend toutes les places fortes dont s’était emparé Maximilien d’Autriche. Il rejoint le Conseil du Roi et se voit ensuite nommé Lieutenant Général de Bretagne par Charles VIII, après le mariage de celui-ci avec Anne de Bretagne. Il participe à la première campagne d’Italie au côté de Charles VIII, commande l’avant-garde à la bataille de Fornoue et sauve le duc d’Orléans, futur Louis XII, lors du siège de Novare. C’est au cours de cette première campagne d’Italie, puis de la suivante au côté de Louis XII, qu’il découvre le style Renaissance. Il entreprend, peut-être avec l’aide de l’architecte Colin Byard qui a travaillé au château du Verger, la reconstruction de Mortiercrolles dans les dernières années du XVème et les premières du XVIème siècle dans ce nouveau style frappé d’ « italianisme » dont il s’agit d’un des tous premiers exemples en France. Dans le même temps, il construit à proximité le couvent franciscain des Anges et Mortiercrolles est érigé en Baronnie en 1500.
  • Fin XV / début XVI Style renaissance

    C’est au cours de cette première campagne d’Italie, puis de la suivante au côté de Louis XII, qu’il découvre le style Renaissance. Il entreprend, peut être avec l’aide de l’architecte Colin Byard, la reconstruction de Mortiercrolles dans les dernières années du XVème et les premières du XVIème siècle dans ce nouveau style frappé d’ « italianisme » dont il s’agit d’un des tous premiers exemples en France. Dans le même temps, il construit à proximité le couvent franciscain des Anges et Mortiercrolles est érigé en Baronnie en 1500.
  • 1505-1510Construction de la chapelle

    Il construit également la chapelle, qui est, par son gabarit et son architecture, un des éléments les plus remarquables de Mortiercrolles. Mais il délaisse ensuite Mortiercrolles au profit de ses autres châteaux, la Motte-Glain en Bretagne et surtout le Château du Verger, à Seiches sur le Loir, « château plus que royal » démantelé avant la révolution et dont il ne reste aujourd’hui que les communs. Il y vécut les dernières années de sa vie en exil, loin de la cour, à cause de la rancune tenace d’Anne de Bretagne, Reine de France pour avoir épousé successivement Charles VIII puis Louis XII. Celle-ci n’avait pas oublié les raisons de l’exil de sa famille et, de plus, s’opposait à Pierre de Rohan sur l’époux à choisir pour la Princesse Claude, sa fille. Elle voulait la marier au futur Charles Quint tandis que Pierre de Rohan prônait une union avec le jeune Duc d’Angoulême, futur François 1er. La Maréchal de Gié eut gain de cause... mais le paya fort cher : suite à la rumeur diffusée par Pierre de Pontbriant selon lequel le maréchal était résolu à empêcher, au besoin par la force, la reine ainsi que Madame Claude de se rendre en Bretagne en cas de mort du roi, Anne de Bretagne le fit traduire devant le Parlement de Toulouse pour crime de lèse-majesté. Malgré l’influence de la Reine, l’accusation ne tint pas, mais Pierre de Rohan fut condamné pour de vagues motifs à un bannissement de la Cour et se retira donc au Château du Verger jusqu’à la fin de sa vie.
    Mortiercrolles reste dans la famille Rohan jusqu’en 1763.
  • 1763Acquisition par Jean-Baptiste du Tertre de Sancé

    Lorsque Mortiercrolles est acquis par Jean-Baptiste du Tertre de Sancé, c’est essentiellement pour ses terres : suivant un inventaire de 1733, les bâtiments sont déjà considérés comme étant dans « un état de vétusté avancé ». Le domaine est ensuite transmis par héritage à la famille Préaulx, puis Montault, lesquelles ne l’habitent pas et l’exploitent toujours en fermes, laissant les bâtiments se dégrader au fil du temps.
  • 1924Classement aux Monuments Historiques

    Considéré comme un des plus beaux exemples de la transition entre le gothique flamboyant et le style Renaissance, entre les forteresses défensives et les résidences de plaisance, le château de Mortiercrolles (ou plutôt ce qui est considéré comme « ruines » à l’époque....) est classé Monument Historique en 1924. L’Illustration consacre d’ailleurs un article à Mortiercrolles en juin 1933 en tirant le signal d’alarme sur le risque réel de disparition de l’édifice.
  • 1966Achat par le Conseil Général de Mayenne

    Acheté par le fermier qui l’exploite dans les années 50, Mortiercrolles est finalement acquis par le Conseil Général de la Mayenne en 1966. S’en est suivi une première campagne de rénovation et de reconstruction, qui a permis, notamment à la chapelle, de retrouver un toit.
  • 1975Achat par les actuels propriétaires

    Mortiercrolles est vendu à ses propriétaires actuels qui ont permis au château, en s’y consacrant corps et âme depuis cette date, de retrouver une partie de sa splendeur passée.